The Great Blockchain Swindle ?

Une liste de tout ce qui ne va pas dans la blockchain en 2021

La Blockchain est devenue connue du grand public grâce à Bitcoin et à la «ruée vers les cryptos » en 2016-2017. A cette époque, Bitcoin ou la Blockchain était présentés comme le remède à tous les maux, mais les applications autres que Bitcoin n’étaient qu’un embryon de technologies en devenir.

La situation n’a pas changée, la blockchain est toujours une technologie en développement et est devenu un grand marché spéculatif, dont l’intérêt principal des possesseurs est que les cryptomonnaies augmentent en valeur et soient adoptées par tous, ceci pour que leurs propres investissements prennent de la valeur, dans le but de faire une plus-value en revendant leurs crypto-monnaies à ceux qui n’en ont pas, et qui ne pourront plus s’en passer.  

 

Quel est l’intérêt de la Blockchain ?

L’avantage majeur, et la nouveauté de la blockchain, c’était son caractère décentralisé. Quand un pays comme la Chine décide de rendre illégal toutes les fermes de minage sur son territoire, les fermes disparaissent, mais pas les crypto-réseaux, puisqu’ils ne sont pas localisés en Chine, mais sur des centaines d’ordinateurs un peu partout dans le monde. C’est ce qui permet à ce système de rester actif malgré d’éventuelles interdictions ou pannes de réseaux.

Même une action coordonnée de plusieurs pays n’est pas forcement un risque pour le réseau bitcoin car il est déjà ailleurs, sur de multiples ordinateurs et si l’un d’eux tombe en panne, ce n’est pas grave pour l’ensemble du système.

Pour mettre à terre les réseaux blockchain, il faudrait couper internet, ou subir une catastrophe naturelle d’ampleur planétaire, à moins que les gens s’en détournent parce que’il n’est pas possible de l’utiliser. Des lois peuvent en effet venir contrarier son utilisation. 

Depuis 2016/2017, l’évolution principale à été que des lois ont commencé à réglementer ce secteur, des lois différentes selon les pays, ce qui a profondément changé l’écosystème, son esprit, et ses objectifs.

 

Quels sont les défauts de la blockchain ?

1. Les piratages et détournements de fonds

Ceux qui suivent la presse crypto et bitcoin quotidiennement, ne comptent plus les piratages et détournement de tokens qui ont réussis, ou bien les bitcoins qui se sont volatilisés du jour au lendemain, pour cause de hacking ou de faux entrepreneurs qui partent avec la caisse.

La blockchain n’est toujours pas une technologie sure en 2021. Des millions s‘évaporent ou sont détournés à des fréquences assez inquiétantes pour une technologie qui prétend rendre plus sures les transactions.

 

2. Ça coûte plus cher qu’ailleurs

  • Une transaction blockchain coûte cher.  Il faut payer l’électricité nécessaire au minage, le bénéfice des mineurs de coins, et les commissions de multiples intermédiaires.
  • La conversion de monnaies numériques en espèces sonnantes et trébuchantes n’est pas gratuite, il y a des frais et des commissions, et des procédures de vérification qui peuvent prendre plusieurs jours, ce qui contient un risque que les cryptomonnaies en question perdent de leur valeur pendant ce temps.

 

3. Les intermédiaires sont plus nombreux qu’avant

Éliminer les intermédiaires est un des avantages supposés de la blockchain, et pas des moindre. En réalité, la blockchain ajoute plusieurs intermédiaires au lieu d’en éliminer.   

3.1) Les mineurs de coins.

Ce sont ceux qui font tourner les machines permettant de calculer et de valider les transactions. Leurs coûts sont l’électricité, la maintenance des processeurs qui grillent ou qui doivent être mis à jour, en plus des salaires, charges, impôts et taxes.  Sans mineur, pas de blockchain possible.  Hors de la blockchain, il n’y a pas besoin de mineurs de coin.

 
3.2) Les plateforme de conversion de crypto en devise.

Si on ne pouvait pas convertir en devises, on ne serait généralement pas plus intéressé par la Blockchain que par un jeu vidéo qui fait gagner des points virtuels qui ne servent à rien dans le monde réel. 

Il faut donc passer par un service permettant de convertir ses cryptomonnaies en euros, dans le but de les transférer sur son compte bancaire personnel.

 3.3) les plateformes de trading

C’est là où s’échangent les coins et tokens. C’est comme la bourse, mais  spécifique au monde de la blockchain. Au lieu d’acheter ou vendre des actions et autres produits financiers, on achète et on vend des tokens. Il vaut mieux savoir se servir d’un ou plusieurs logiciels de trading et connaître les bons sites d’informations pour participer à armes égales.

 

Donc, si on reprend l’argument de l’élimination des intermédiaires, on en arrive à un point où, pour éliminer des intermédiaires, il faudrait éliminer la blockchain puisqu’elle impose plusieurs types d’intermédiaires et frais nouveaux qui sont inexistant ou inutiles hors de la blockchain. Pour les éviter il faudrait pouvoir acheter directement en cryptomonnaies au quotidien, mais très peu de services proposent longtemps ce genre de moyen de paiement, car le prix n’arrête pas de changer au gré du cours du bitcoin, ce qui n’arrange pas un commerçant (si le prix est trop bas il perd de l’argent, et si le prix est trop haut, il perd des clients).

 

 

4. C’est vulnérable aux attaques légales

Les Etats ont une attitude ambiguë face à la Blockchain et Bitcoin qui représentent un système monétaire parallèle, concurrent, et a priori indépendant de leurs politiques monétaires ou fiscales. Dans le même temps, la blockchain représente des compétences que les Etats n’ont pas, dans un domaine qui est pourtant le leur, et avec un pouvoir d’attraction qui dépasse de loin celui des hommes politiques d’hier et d’aujourd’hui.  

Dans le meilleur des cas, ils laissent le domaine se développer, mais sous contrôle et si possible hors d’atteintes des masses populaires non-initiées, ce qui vaut mieux pour ces dernières qui ont déjà du 15 au 30 de chaque mois, et n’ont pas un intérêt, ni les moyens de boursicoter dans un domaine risqué. 

La Chine a récemment décidé de rendre illégal le crypto-minage, et les fermes de minage ont fermé, ce qui a permis aux mineurs d’autres pays de prendre leur place. La Chine était le pays avec le plus grand nombre de fermes de minage.

Il ne s’agit pas de dire si c’était justifié ou non, mais plutôt de constater des changements.

Dans le cas de la blochain, les diverses réglementations et mises au pas lui ont fait changer sa nature et ses objectifs. L’esprit à changé puisque les acteurs d’origine ont été soit remplacés, éliminés, ou soumis à de nouvelles règles par le jeu des lois et des contrats.

Le problème de la plupart des fonds d’investissement est que leur vision à long terme se limite à 5 ans pour des raisons de rentabilité. Pour les projets à plus long terme, il faudra plutôt aller voir du coté des Etats-Unis ou de l’Asie, et ces projets sont plutôt portés par des sociétés privées avec des moyens financiers énormes (google et l’IA et l’ordinateur quantique, la robotique…). 

 

5. L’intervention des Etats à rendu l’accès plus difficile en prix, sans éliminer aucun escroc.

Selon un des co-fondateur de Dogecoin: « La communauté crypto peut être assez élitiste et peu inclusive, alors que nous voulions créer une communauté plus amusante, plus légère et plus inclusive »,   « Cela a fonctionné (avec nous) et c’est pourquoi la communauté Dogecoin maintient constamment une présence. »

« Si vous le faites (investir dans un projet NDLR), cependant, soyez toujours prudent – c’est un champ de mines, beaucoup de nouveaux projets sont des arnaques (beaucoup d’anciens projets aussi, NDLR), et tout est trop beau pour être vrai. Mais je pense que c’est une expérience enrichissante et donne une perspective. Peut-être commencer par les grands projets (ETH par exemple) ».

Un peu plus agacé, Jackson Palmer, également co-fondateur de Dogecoin, ajoute: 

« Et en général, toute l’entreprise est carrément “louche” et reflète les pires aspects du système capitaliste actuel, par exemple, la corruption, la fraude, l’inégalité.”

Ethereum voit aussi ses têtes pensantes jeter l’éponge, non pas par manque de moyens, mais plutôt parce qu’il  n’est plus possible  de faire des choses intéressantes dans le contexte actuel:

“Je ne veux plus être un « gars de la crypto », je veux redevenir quelqu’un qui s’attaque à des problèmes complexes ». Dans mes nouveaux projets, j’inclurai la crypto si c’est nécessaire, mais la plupart du temps, ça ne l’est pas »  

 

 

En ce qui concerne les Etats, leur comportement n’est pas particulier à la Blockchain, mais représente plutôt un modèle de fonctionnement légitimiste qui reflète un esprit et une histoire.

Quand à celles qui se rêvent en « start-up nation » , elle ne soutient même pas ses propres start-ups, comme l’a brillamment démontré la France qui préfère confier son infrastructure Cloud à Microsoft et Google au prétexte que les français sont vraiment trop nuls dans le domaine. Dans ces conditions ou l’intelligence reste limitée aux éléments de langage  (voir Pinocchio et son nez),  les entreprises prennent du retard et finissent par péricliter, ou partir à l’étranger. Puis les états sont ensuite « obligés » de se soumettre aux conditions de sociétés privées étrangères non-européennes (mais pas chinoises s’il vous plait).

https://www.lefigaro.fr/flash-eco/la-france-veut-utiliser-sous-licence-les-technologies-cloud-americaines-20210517

https://www.latribune.fr/technos-medias/internet/cloud-de-confiance-l-etat-a-t-il-laisse-entrer-le-loup-americain-dans-la-bergerie-885567.html

A ce point, est-ce vraiment de la naïveté ? est-ce un programme politique ? La« start-up nation » est un pipeau de plus pour les gogos.

On peut aussi y voir une démission de plus, une petite brique de plus dans un processus plus global et qui ne date pas d’hier.  Croire qu’on peut gérer un Etat, une nation, un peuple, comme on gère les ressources d’une entreprise ne ressemble pas un développement durable ou bénéfique, ni quelque chose de tenable très longtemps sans recours à la force et à la violence. 

 

6. Un univers impitoyable

La Blockchain est  un monde sauvage car peu régulé et potentiellement insaisissable. Assagi – ou en perte de vitesse – depuis quelques années « grâce » à des lois diverses dans divers pays c’est devenu le paradis pour les traders professionnels et amateurs avertis parce que tout le monde peut tenter sa chance de chez soi, et gagner. Aucun doute à avoir sur ce point.

Mais certains acteurs majeurs de la Blockchain sont plus qu’avides,  et leur agenda n’est même pas caché: bien, sur que les vampires existent !  Et si  de telles références cinématographique vous semblent exagérées, croyez au moins ceux qui ont construit ce système et qui en sont aujourd’hui dégoûté au point de s’en aller (voir paragraphe précédent).

 

Par exemple, les plateformes d’échanges, ou de conversion en devises, sont soumises aux variations des cours, et certaines peuvent bloquer vos transactions si  « ça ne les arrange pas trop de vous payer maintenant car c’est trop cher». Vous pensiez retirer 10 000 euros cette semaine et profitez de votre plus-value après ces mois ou années d’attente et de stress (après avoir payé les frais, commissions et les taxes sur les plus-values) ? Niet !   

Imaginez votre réaction si votre banque vous faisait un coup pareil. D’ailleurs, la plateforme Binance commence à avoir des problèmes d’ordre judiciaire.

https://www.numerama.com/tech/726038-pourquoi-la-plateforme-crypto-binance-va-t-elle-etre-attaquee-en-justice-en-france.html

Binance est typique de la Blockchain dans ce qu’elle a de plus violent et avide. En Angleterre, Binance Market, une filiale de Binance a émis des « actions » sous forme de tokens et ces actions ont été déclarées illégales (bannissement) par les autorités de marché.  

Si vous avez des tokens de Binance Market, le conseil de Binance (la « maison-mère ») est « debrouillez-vous » ! En effet, il ne s’agit pas d’actions de Binance dont le siège est à Hong Kong (on ne sait pas exactment ou se trouverait le siège principal de Binance), mais de Binance Markets en Angleterre. Ce n’est pas du tout pareil, surtout pour Binance, et on est bien évidement convaincu que Binance n’était pas au courant et n’a aucune responsabilité dans cette émission. Après tout, ça ne concerne que quelques braves sujets de Sa Majesté, dont ne relève plus Hong Kong.

https://www.lecho.be/les-marches/actu/general/le-geant-des-cryptos-binance-banni-du-royaume-uni/10316559.html

https://www.cointribune.com/analyses/justice/la-plateforme-binance-est-elle-vraiment-bannie-des-uk/f

Aussi, certaines banques peuvent bloquer votre compte : c’est moins courant aujourd’hui, mais dans les années 2017 – 2018, on ne comptait plus les histoires de particuliers dont la banque avait bloqué des centaines de milliers d’euros et interdit au client d’avoir accès à ses comptes. Elles ont le droit de le faire. Il faut donc savoir si votre banque à un comportement agressif ou tolérant vis-a-vis des cryptomonnaies qui sont leur nouveaux concurrents directs. Il faut préciser qu’en 2017, les plus-values se comptaient en milliers et millions d’euros qui apparaissaient soudain sur des comptes bancaires peu habitués à de telles sommes. Aujourd’hui, de telles plus-values sont réservées aux très gros investisseurs (les « baleines ») qui sont majoritairement des organismes bancaires ou financiers, ou des multimillionnaires. Il y a aussi des petits porteurs mais c’est un tout autre niveau. 

Classement des banques par rapport aux crypto-monnaies

 

7. Trop de gens n’y connaissent rien et ne savent pas ce qu’ils font

Si vous comptez investir dans les cryptomonnaies, vous pouvez le faire, ce n’est pas interdit, mais il faut savoir qu’en face de vous vous avez aussi des professionnels dont le but est plutôt de vous faire vendre à perte. C’est du trading, et c’est le jeu. Il faut faire preuve de sang- froid pour ne pas suivre ceux qui paniquent à la moindre news insignifiante (voir « les comportements moutonniers » tels que décrits par la Banque De France https://www.banque-france.fr/fileadmin/user_upload/banque_de_france/archipel/publications/bdf_bm/etudes_bdf_bm/bdf_bm_95_etu_4.pdf )

Ajoutez à cela que le cours des cryptos peut varier du simple au double juste parce qu’une célébrité a dit une ou deux âneries,  et vous comprendrez que la blockchain n’a plus rien de spécial en terme de rupture avec ce qu’on connait déjà.

Vous pouvez aussi investir quelques centaines d’euros et attendre que ça prenne de la valeur dans quelques années, ce qui est possible. 

Comme le dit une devise si connue qu’il est lassant de la répéter « n’investissez que ce que vous avez les moyens de perdre » : la plus-value peut ne jamais arriver, ou pas quand vous en avez besoin.  

 

8. C’est volatile et moutonnier

Une crypto-monnaie peut monter vite et perdre de la valeur encore plus rapidement, généralement à cause de « l’effet moutonnier » bien connu des marchés.

Ceux qui ne savent pas ce qu’ils font, qui ne savent pas trouver l’information ou qui pensent que les autres en ont de meilleures, ou qui n’ont aucune notion de la façon dont fonctionnent les marchés et les cycles, n’ont comme référence que le comportement des autres.

Alors on fait comme les autres et on suit les tendances. Cet effet boule de neige a bien plus d’effets dans la cryptosphère que dans les marchés traditionnels  (la blokchain fonctionne 7/7, 24/24 , sans week-end ni jours fériés, et est accessible au monde entier, alors que les places de marché traditionnelles ne fonctionnent que pendant les heures de travail dans chaque pays isolément). 

Pour un exemple récent de perte de valeur pendant que vous dormez https://journalducoin.com/bitcoin/bitcoin-btc-perd-les-30-000-bain-de-sang-nocturne-sur-les-marches-crypto/

 

Les multiples interventions de YouTubeurs à la moindre variation des cours est en soi une preuve de leur propre incompétence. C’est vrai que leur but dans la vie est de valoriser leur portefeuille de cryptomonnaies, ou de faire quelques petits euros avec une chaîne YouTube sensationnaliste. Et puis, ça fait du bien à l’égo d’avoir des likes et des followers. 

La plupart des traders expérimentés qui étaient sur YouTube ont fermé leur chaîne et prodiguent désormais leurs conseils de façon privée, pour ne pas être assimilés à ces « influenceurs » à peine post-pubères, qui sont loin d’être de bons techniciens et qui, pour la plupart,  n’ont pas vécu grand chose qui leur permettrait d’apporter expérience et nuance dans leur discours ou actes.

 

 

9. Vous ne pouvez pas croire les discours de ceux qui ont des cryptomonnaies, ni les discours de ceux qui n’en ont pas. 

De façon systémique, les cryptomonnaies sont toutes directement ou indirectement indexées ou corrélées au Bitcoin qui est l’étalon. Elles suivent donc un cours assez semblable. Ce qui valait 10 000 euros un jour peut en valoir 5000 le lendemain, ou 15 000 quelques jours après. Ou zéro si le projet capote ou que tous les possesseurs d’un token décident de les vendre en même temps, ce qui arrive.

La majorité des détenteurs de cryptomonnaies le font dans un but spéculatif, et se sont intéressés à ce secteur uniquement pour cette raison, avec parfois une compréhension simpliste de la blockchain. Si un particulier achète des bitcoin, c’est pour en tirer une plus-value. Les entreprises aussi. 

Si la Blockchain était financée avec des dons sans retour sur investissement, personne n’y mettrait un centime, sauf peut-être des passionnés.

Heureusement que bitcoin et  autres cryptos ne servent pas à grand-chose d’autre qu’à la spéculation en 2021, sinon nous serions obligé d’acheter à ces personnes et sociétés, des bouts de leurs bitcoins à des prix fous, pour acheter notre pain quotidien. C’est le principe de la rareté: le bitcoin reproduit un mécanisme de rarété ayant la capacité de remplacer une valeur refuge telle que l’or.

Si nous devions tous utiliser la blockchain, d’ou viendrait cet or? Bitcoin est en quantités limitées et atteint des prix fous. Pour en avoir, il faudrait racheter ces bitcoins à leurs détenteurs actuels, et ces derniers ne les vendront sans doute pas à perte « pour le bien de l’humanité », sauf s’ils ne valent plus rien du tout.

Dans ces conditions, un être normalement constitué aurait plutôt tendance à laisser ces détenteurs de cryptromonnaies  se débrouiller avec leur « bidule ». 

J’ose dire que nous n’avons pas besoin d’acheter quoique ce soit en crypotomonnaies, et que nous ne souhaitons pas nous soumettre à des possesseurs de cryptomonnaies dont le seul intérêt et de faire valoir leur investissement en nous les vendant avec profit.   Je dis « nous », mais je me trompe peut-être.  Il faut aussi compter avec les employés, cadres et « ambassadeurs »,  des sociétés de la Blockchain, dont le but immédiat est de conserver un job bien payé. 

 

 

10. Ça n’est pas irremplaçable

Par rapport à ce qui existe « sans blockchain » la blockchain semble dépassée, et peine à suivre les évolutions technologiques du quotidien. Ce ne sont pas des réseaux fait pour la rapidité ou la masse, parce qu’il faut la confirmation des mineurs et que le réseau ne peut encaisser qu’un nombre limité de transaction par secondes (30 par secondes pour Ethereum 1 et peut-être 100 000 par secondes pour ethereum 2.0). D’autres réseaux disent atteindre des millions de transactions par secondes mais sont moins connus et n’ont pas non plus fait leurs preuves , ou bien sont réservés aux banques et institutions finbancières     https://www.diginex.com/insights/what-is-ethereum-2-0-overview-features-and-price-implications/

En 2017, naquirent les « cryptokitties », des « chats virtuels », descendants des tamagoshis,  pouvant être achetés, élevés, collectionnés, et vendus. Cryptrokitties utilise le réseau Ethereum, qui était congestionné au moment où les cryptokitties étaient populaires. Ce jeu a démontré que des applications  peuvent devenir populaires sur Ethereum, mais aussi que le réseau n’était pas encore capable de les héberger sans gêner le réseau dans son ensemble. 

Bien que ce soit un jeu primitif dans sa visualisation, il demande quand même des ressources importantes pour fonctionner, à cause de la nécessité de recourir aux mineurs pour valider toutes les transactions. https://www.cryptokitties.co/

Si la blockchain était utilisée de la même façon qu’internet, avec autant de monde et de trafic, le réseau serait toujours indisponible ou d’une lenteur insupportable.

En plus nous ne tarderions pas à mourir collectivement d’étouffement, à cause des quantités phénoménales d’énergie consumée pour permettre à ce système de fonctionner comme l’internet actuel.

 

11. Mais pourquoi tout le monde dit que c’est bien ?

La blockchain telle qu’elle est conçue en 2021 est un bon terrain de jeu pour les traders, mais un peu compliquée et aléatoire pour le commun des mortels.   Il y a des plus-values à faire, et des nouveaux canaux de vente qui peuvent encore créer le buzz (article sur les NFT dans la musique).

En revanche, elle utilise une technologie objectivement inadaptée à son propre fonctionnement, et est promue par des arguments péremptoires ou des prédictions qui, comme les promesses de campagne ou les oracles, n’engagent que ceux qui les croient, et ceux qui ont un intérêt à ce que d’autres y croient.

Ce n’est pas du mauvais esprit, c’est prouvé et très visible, du moins  à quiconque ne veut pas se voiler la face ou mentir pour attirer de nouveaux arrivants. 

La blockchain est encore une technologie capable de faire le buzz parce qu’on y voit des sommes qui font rêver et qui nous font penser qu’on est en train de rater quelque chose. C’est vrai qu’il y a toujours une opportunité de faire de l’argent assez facilement et les exemples sont légions, et ceci n’existait pas avant dans de telles proportions.

Mais ces opportunités ont tendances à disparaître au fur et à mesure que Bitcoin augmente en valeur, car pour faire une plus-value intéressante, il faut investir plus, plus régulièrement, et s’y connaitre en trading. Un trader ne joue pas « le gros coup » mais accumule des petits bénéfices qui, au fil du temps, font une rémunération potentiellement intéressante, ou donnent les moyens d’investir un peu plus à chaque fois s’il n’y a pas trop de pertes à compenser.

La bourse est un genre de loterie, qui peut être domptée car elle obéit à des schémas connus et non pas au hasard, mais qui contient quand même des facteurs aléatoires et incontrôlables.

 

Un peu d’histoire

La blockchain et le bitcoin ont effectivement rendu service à des activités illégales sur le darknet (traffic d’armes, de drogue, blanchiment).

Puis, le système à été adopté par des entrepreneurs dans le but de faire des levées de fonds entre eux, à l’échelle mondiale, en s’inspirant du crowdfunding, parce que les investisseurs officiels ne s’intéressaient pas à leur projets ou n’y comprenaient rien. Le monde des investisseurs est un monde exclusif auquel tout le monde n’a pas accès. Plus qu’une adresse ou un numéro de téléphone, il faut faire partie d’un réseau. Ce monde n’était pas accessible à ces entrepreneurs, alors ils ont construit leur système à eux. C’est ce qui a provoqué le développement des ICO (Inital Coin Offering) populaire dans la période 2014 – 2017, jusqu’à ce que des lois viennent mettre au pas ce type de levées de fond, avec de bonnes raisons c’est vrai, mais avec des solutions inadaptées s’il s’agissait de favoriser quand même un essor technologique.

Les promesses de la Blockchain sont toujours séduisantes dans un contexte où beaucoup de nations n’arrivent plus à gérer leur pays comme auparavant. Le monde change plus vite que les gouvernants, qui n’arrivent pas à suivre ou anticiper ce que souhaite profondément leur propre peuple, dont on ne respecte pas les décisions (exemple français; le référendum qui avait dit non à Maastricht et dont on n’a pas tenu compte). D’autres sont réellement opprimés plutôt que d’être ignorés.

Dans un tel contexte, la blockchain a été perçue comme un espoir, une façon de compenser  le processus de démission ou d’hyper-contrôle de gouvernements divers, mais au profit des individus. C’était vraiment ça l’utopie de la blockchain, une sorte de réappropriation du pouvoir des individus (individus souverains), pour une meilleure démocratie, l’éradication de la corruption, un monde ou il n’aurait pas été possible à un individu doté de pouvoirs d’exercer un arbitraire sur les autres. 

Ce message, puissant et parfaitement en phase avec le sens de l’évolution, a bien évidement été utilisé pour tout et n’importe quoi.

Quoiqu’il en soit, la blockchain n’a pas vraiment fait ses preuves. Ce «marketing de la rupture» existe encore parce qu’il correspond toujours à un désir global d’améliorer le quotidien et la gouvernance sociétale. Mais les vrais « stakeholders » (personnes ayant un intérêt) de la blockchain, sont des investisseurs institutionnels, et pas du tout des anges tombés du ciel pour instaurer une nouvelle ère d’harmonie et de compréhension entre les êtres.

De toute façon, ça a toujours été du marketing (créer artificiellement un besoin pour vendre quelque chose qui comble ce besoin créé), et le niveau de ce marketing est tout simplement excellent, au point que même les « parrains » de la blockchain regrettent aujourd’hui d’être allé un peu trop loin.

Par exemple, il y a encore, en 2021, des avocats et juristes qui croient « dur comme fer » à la fable des « smart contracts » alors que Vitalik Butherin lui-même (le père d’ethereum) a dit, il y a longtemps, qu’il ne s’agissait que d’un terme marketing pour « faire cool » et vendre son réseau Ethereum: il n’y a pas de contrats, juste des logiciels, qui éventuellement peuvent traduire en code quelques-une des dispositions d’un contrat et automatiser son exécution financière, dans le meilleur des cas.

Dans la réalité, il est très rarement souhaitable qu’un contrat soit exécuté par un logiciel avec qui on ne peut pas transiger. Et si c’était possible de transiger (par ex, suspendre un prélèvement après avoir demandé un délai au créancier), on se demanderait alors ce qu’un « smart contract » à de plus qu’un simple prélèvement automatique.  

Vitalik Buterin regrette le terme “smart contract”

 

Pour l’impossibilité de transiger avec la machine, et ce que ça implique dans tous les domaines de la vie, même face au plus simple  des formulaires, reportez-vous au 10 première minutes de l’interview de  Benjamin Bayart et Marc Rees   https://www.youtube.com/watch?v=EOWeewlc2CE

 

Ci-dessous, un article résumant ce qu’on pensait en 2016, et on peut constater que, en 2021, soit 5 ans plus tard, presque rien de tout ce qui était annoncé n’existe ou ne fonctionne comme prévu. Notons que 5 ans, c’est le délai dans lequel 99 % des Venture Capitalist et autres business angels veulent revendre leurs parts et faire une plus-value. Il était donc nécessaire de dire que tout ceci arriverait avant 5 ans pour attirer  ce type d’investisseurs.

https://www.lesechos.fr/2016/01/vitalik-buterin-les-blockchains-gereront-des-milliards-dutilisateurs-dici-5-ans-195921

 

Pas de blockchain pour les dark pools ?

La blockchain à des capacités incontestables pour une meilleure transparence. Dans le monde de la finance par exemple, la blockchain permettrait déjà de contrôler les « dark pools » ne serait-ce que pour prévenir des dépassements de seuils  et éviter des amendes. Mais ce n’est pas du tout à l’ordre du jour. Peut-être que le montant des amendes est ridicule et qu’il ne servirait à rien de se compliquer la vie pour quelques centaines de milliers d’euros (qui sont payés par qui, et à qui ?).  

Pour ceux qui ne savent pas, le terme « dark pool » ne désigne pas du tout une volaille au plumage sombre.

Ce sont des fonds qui sont autorisés à vendre des actions ou participations hors des marchés, (de gré à gré),  dans le but de ne pas influencer les marchés et le cour des actions. Par exemple, si un Etat vendait sa participation dans une grande entreprise nationale, les marchés paniqueraient et tout le monde vendrait, laissant cette grande entreprise dans l’embarras. Donc, « on » permet cette entorse aux principes du marché libre et transparent. Ce n’est pas nouveau, ça existe depuis longtemps et ça ne semble pas inutile, bien que le cas utilisé pour les justifier (par les articles et documentation trouvées ici ou là) semble un peu « capillotracté » (par exemple, un état qui vendrait 50% de ses part dans sa compagnie aérienne nationale, sans que personne ne le sache ?).

Quoiqu’il en soit, en cas de dépassement de certains montants, des amendes sont dues par le dark pool (fond caché) ou le vendeur.

 

Pour plus d’information sur les dark pools https://www.cafedelabourse.com/actualites/dark-pool-places-marche-opaques-secretes/ (entre autres sites).

La technologie blokchain pourrait très bien contrôler l’activité des dark pools (ou centraliser les transactions gré à gré (OTC) et prévenir quand des seuils vont être dépassés, dans le but d’éviter des amendes, ou mieux répartir les transactions au fil du temps, ou bien de savoir par qui les amendes sont encaissées et dans quel but elles sont utilisées, ce qui est le but ultime d’une blockchain transparente.

Peu importe la raison, on voit que là où la Blockchain serait vraiment utile, elle n’est jamais bienvenue.

Est-ce le même problème qui rend la Blockchain non-souhaitée par les Etats ou des fonctionnaires corrompus qui détournent les fonds et aides humanitaires, parce que la corruption est plus profitable, et qu’il n’est pas question de se passer de ces profits ? (voir sur la Proof of Authority (en anglais)

 

Une technologie ringarde ?

Les beaux projets, les utopies concrétisées dans le réel, ne sont plus sur la Blockchain  et n’en ont absolument  pas besoin.  C’est vrai aussi que ça ne fait pas des millions, mais au moins ça existe, ça fonctionne, les gens les utilisent. Il s’agit souvent de projets, communautaires ou non, en crowdfunding.

Comme tout autre outil, la blockchain peut avoir un coté sombre.

Par exemple, si le « pass sanitaire indirectement obligatoire » vous a agacé, sachez que la Blockchain (entre autres) peut-être largement pire, non seulement en terme de surveillance, mais aussi en terme d’insécurité numérique. On ne parle même pas du RGPD  complètement inapplicable et incompatible avec le principe même de la Blockchain qui est de tout tracer et de tout sauvegarder pour l’éternité, sans aucune possibilité de faire valoir un quelconque droit à l’oubli.

C’est vrai que les identités sont cryptées et les wallets sont anonymes tant que les clefs de cryptographie SH256 tiennent le coup. Mais ça ne rend pas impossible des recoupements et les propriétaires de certaines adresses sont connus et ne cherchent pas l’anonymat. Certains se sont d’ailleurs fait cambrioler et voler leur ordinateur ou « wallet » pleines de bitcoins.

D’autres savent aussi manipuler des blocs et détourner des fonds. Il y a des failles comme ailleurs. C’est encore un domaine ou de nombreux progrès doivent être réalisés avant de prétendre apporter cette « confiance due à la machine ».

 

12. Science sans conscience…  mais les Etats ne sont pas innocents.  

Les Etats sont aussi atteints de FOMO (Fear of missing out). Ils voudraient avoir leur propres cryptomonnaies.

Si les Etats commençaient à utiliser ses propres réseaux blockchain, ça obligerait le contribuable à payer les énormes factures d’électricité.

D’ailleurs, quand la banque de France ou l’Union Européenne disent vouloir développer les cryptomonnaies, ils ne disent pas qui va payer les infrastructures et les coût de fonctionnement et de maintenance que nécessite une blockchain valable et digne de ce nom, c’est-à-dire des dizaines de milliers de centres de calculs répartis autours du monde et surveillées par des citoyens lambda.

Et qui va payer ? Est-ce que nous devrons tous miner des tokens et cryptodevises gouvernementales à nos frais sans même faire de plus-values?

Pour que le contribuable ne paye pas, la seule solution est de déléguer à une société privée – sans la subventionner – et cette société fera un bénéfice d’une manière ou d’une autre. Est-ce que, dans de telles conditions,  les Etats serviront encore vraiment à quelque chose ? 

https://www.capital.fr/economie-politique/la-banque-de-france-experimente-une-nouvelle-cryptomonnaie-sur-les-titres-cotes-1407036

 

Il faut bien comprendre que:

  •  soit ces projets ne se feront pas à cause des conventions internationales contre le réchauffement climatique que ces pays ont signé
  • soit ils se feront, mais ce ne sera pas vraiment des blockchains  publiques surveillées et contrôlées par des mineurs indépendants et par n’importe quel citoyen. Après tout, 5 ou 7 ordinateurs suffisent à constituer une petite blockchain privée, même si ça n’a de blockchain que le nom. 
  • soit ces projets étatiques se feront, mais seront contrôlés par des sociétés privées payée par l’argent public ou par une possibilité de profit. 

En plus, j’imagine mal l’union européenne ou l’état français donner à leurs citoyens le moyen de connaitre les sources et les destinations de chaque micro-centime dépensé par les institutions, députés, fonctionnaires… étant précisé que l’Union Européenne n’est pas un organe démocratique et n’a aucun compte à rendre aux citoyens des Etats Membres, comme le dit l’union européenne elle-même, ce qui conduit les « eurocrates » (sic) à chercher à devenir plus démocratique. 

http://www.cpcp.be/wp-content/uploads/2012/07/europe_democratique.pdf  

Bonne nouvelle, si les Etats font des cryptos, ils valideront de ce fait le modèle bitcoin, qui a priori deviendra encore plus populaire. 

 

13. Un gachis energétique ?

La Blockchain est un ogre qui a besoin de moyens financiers et énergétiques énormes pour exister.

Il y a énormément d’argent en jeu dans le monde de la Blockchain, il y a eu de très gros investissements,  il y a des emplois à conserver, et il est donc absolument normal que ceux qui sont « dans la machine » cherchent à attirer toujours plus de fonds  en suscitant l’intérêt de nouveaux arrivants en passant sous silence le fait qu’on peut aussi bien faire sans la blockchain, pour un coût bien inférieur (coût financier, écologique, sociétal).

« Quand on veut vous faire prendre le train, on ne vous vante pas les mérites de l’aviation, ni les défauts du train». 

Ci dessous, un exemple d’une centrale de minage de 8000 ordinateurs, qui pompe 500 000 litres d’eau par jour pour refroidir les processeurs, et en rejette autant à une température de 43 € Celsius. C’est loin d’être la seule ferme de minage. Il y en a des centaines dans le monde. Il faudrait multiplier ce genre d’installation par  10, 100, 1000, ou plus, si la blockchain devait être utilisée à grande échelle.

https://www.lefigaro.fr/conjoncture/quand-le-bitcoin-fait-chauffer-le-lac-seneca-dans-l-etat-de-new-york-20210713/

https://reporterre.net/Le-bitcoin-monnaie-virtuelle-mais-gouffre-environnemental-reel/

Selon des experts, il n’y a pas de solution à ce problème avec les technologies actuelles, et les arguments des promoteurs de la blockchain, qui prétendent que les études sur-estiment l’empreinte carbone du secteur, seraient du «  »greewashing » (faire croire que quelque chose de polluant est écologique). https://theshiftproject.org/wp-content/uploads/2020/06/2020-06_Did-TSP-overestimate-the-carbon-footprint-of-online-video_EN.pdf

«  Le système de la « preuve de travail » consomme environ 80 térawattheures (TWh) par an, soit l’équivalent de treize réacteurs nucléaires » . https://reporterre.net/Le-bitcoin-monnaie-virtuelle-mais-gouffre-environnemental-reel/

J’ai fait quelques calculs:

En 2021, il y a 437 réacteurs nucléaires en fonctionnement dans le monde, qui produisent 2410 TWh. (https://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/parc-nucleaire-mondial-production-delectricite )

Les 80 Twh attribués à la blockchain en constituent 3,3 % soit 14,4 centrales nucléaires.

Par comparaison, Netflix n’utiliserait que 6 Twh, soit 0,25% et 1 centrale nucléaire.

Or beaucoup de monde utilise Netflix, alors que, en comparaison, très peu de monde utilise la blockchain. On peut donc imaginer que la blockchain  serait un genre de catastrophe écologique si déployée à grande échelle avec les technologies actuelles. A l’avenir, ce ne sera peut-être pas le cas, mais cet avenir là n’est pas encore là.

Netflix est un exemple utilisé par Air France pour montrer que Air France est moins polluante que Netflix. Alors la Blockchain…

A l’avenir (horizons 2030-2050-2100), on saura fabriquer des ordinateurs qui ne chauffent pas et ne consomment pas d’électricité, avec sans doute une énergie gratuite infinie, mais ces technologies n’existent pas encore ou sont balbutiantes. Et Enedis doit quand même rentabiliser son Linky, comme certain pays producteurs de pétrole ou de gaz, qui retourneraient au désert sans cette source de revenus. Ce genre de société ou d’état n’a pas intérêt à ce qu’une énergie libre et gratuite, qui ne génère aucune facture, soit soudain disponible pour tous. Pas d’inquiétudes, on en est encore loin. 

Et quand ces technologies et sources d’énergie existeront, la blockchain telle qu’elle est conçue aujourd’hui sera-t-elle encore un modèle valable ou justifié ? A l’heure actuelle, la blockchain ne peut pas  se développer car elle est énergivore et polluante, pour un avantage qui n’existe pas immédiatement, sauf pour ceux qui ont des bitcoins et veulent faire une plus-value.

La blockchain est en retard sur ce point et tente de nous imposer un retour en arrière en affirmant que c’est le futur. Or, la Blockchain est peut-être le futur, mais surement pas dans les conditions actuelles.

De ce point de vue, la blockchain apparaît comme dépassée. C’est aussi dans ces aspects qu’elle révèle sa nature tyrannique et son approche obsolète du monde et des relations entre les êtres humains.  

Après tout, la Blockchain n’interesse la majorité que parce que des sommes folles y circulent. La possibilité d’un enrichissement quasi miraculeux, en comparaison aux autres possibilités, est de nos jours valorisé à l’extrême.

Il est en effet très rare de trouver une opportunité comme la Blockchain, accessible à tous, et bien plus simple à utiliser et plus inclusive que les marchés financiers. 

Mais la blockchain souhaite aussi un monde où l’on fait plus confiance à la machine plus qu’à son voisin, à l’Etat, ou au commerçant du coin. L’autre est suspect par nature, et il vaut mieux ne pas le croire. Seule la machine est la garante de la vérité. Il faut faire confiance à la machine. 

 

A certaines époques, dans certains pays, ce serait utile et libérateur. Mais ailleurs, ça serait surtout coûteux et payé par le contribuable, avec une utilité qui reste à prouver par rapport à d’autres technologies, et des effets négatifs qui ne sont jamais évoqués par ceux qui ont un intérêt dans les cryptomonnaies. 

 

En 2100 ou plus tard, la blockchain ne sera qu’un protocole d’authentification utilisé par des IA surpuissantes, utilisant une énergie libre, infinie et non polluante qu’on peut espérer à notre service dans de multiples domaines, et pas uniquement dans les domaines de la consommation ou du traçage de données.

En effet, la blockchain n’est pas faite pour prendre des décisions ou proposer des choix, mais sert uniquement à organiser des transactions selon des règles acceptées par la majorité des mineurs. Mais ce n’est pas une Intelligence artificielle. C’est un rouage potentiellement important d’un ensemble de technologies qui pourraient façonner un certain futur, mais pas forcément.  

 

En terme de confiance, a-t-on vraiment besoin d’une machine pour savoir si on peut faire confiance à tel ou untel ? A l’heure actuelle, la « confiance » n’est que l’aboutissement d’un processus, tel que le choix d’un prestataire de service après en avoir rencontré plusieurs (benchmarking). A ce moment du choix, la confiance et déjà là, la décision est prise, et la blockchain n’a même pas encore été utilisée. Et puisque même sur la blockchain, les arnaques et piratages sont communs, on ne peut de toute façon pas encore lui faire confiance.

Une réalité à ne pas oublier est que les entrepreneurs doivent payer des factures et justifier les années passées à développer des applications blockchain dont, c’est le moins qu’on puisse dire, la majorité de l’humanité se contrefout et n’en veut pas encore dans sa vie quotidienne, sauf si c’est pour gagner des millions sans trop d’efforts en jouant sur les cours des coins et tokens ou en vendant des NFT.

Désormais, il faut satisfaire des investisseurs avec qui vous avez signé un contrat et qui, si vous abandonniez le projet qu’ils ont financé, vous poursuivraient en justice, et gagneraient. 

Pourtant, il y a beaucoup à perdre pour l’humanité en terme de libertés individuelle, ou d’auto-détermination, si elle prend la voie de l’excès numérique, de la numérisation irréversible et éternelle des individus qui n’ont pas grand chose à y gagner, sauf si vous vendez de la blockchain.

 

Il y a un conflit d’intérêt évident entre les promoteurs de la blockchain de 2021 et leur cible finale: les consommateurs et les populations en générale.

Ceci dit, je ne suis pas voyant, et il pourrait très bien y avoir, dans quelques mois ou années, un système blockchain utilisé a bon escient par beaucoup de monde et qui rend de vrais services, gratuitement et sans consommation énergique,  et pas uniquement un service spéculatif au profit d’une société privée.  

Du moment que ce n’est pas imposé pourquoi pas, mais la contrainte semble être le seul moyen actuellement envisagé par cette communauté pour rendre cette technologie « populaire »,  alors que dans 99% des cas, elle n’est pas aussi utile ou incontournable que ses promoteurs le disent.

 

Quant à la spéculation sur les cours des coins, c’est bien, ça peut rapporter, il n’y a pas de raison de ne pas essayer,  mais ce n’est désormais pas très intéressant avec de petits montants, car le bitcoin est devenu un peu trop cher pour espérer faire une plus-value comme il y a 5 ans. Si vous mettez 100 euros et gagnez 200 en quelques semaines ou mois ou années, c’est bien, mais il y a avait peut être autre chose à faire avec 100 euros pour en gagner 200 ou 300 plus rapidement. Si vous pouvez mettre 10 000 ou 100 000 euros, c’est une autre histoire.

Quant aux projets qui vous donnent des tokens en récompense de commentaires, likes, partages ou achats… n’importe quel site WordPress peut ajouter, pour moins de 100 euros,  un plug-in de points de fidélité pour récompenser les clients qui achètent, qui font des commentaires ou autres interactions.  Et au moins il n’y a pas à rémunérer des mineurs ou des plateformes d’échange, et la valeur de vos points de fidélité ou de vos revenus ne dépend pas non plus du cours du Bitcoin ni du comportement des autres utilisateurs.  

  • L’avantage de la blockchain serait que vos points survivrait à un piratage ou à une panne d’une partie du système, puisque ce dernier réside en plusieurs endroits à la fois. Mais on peut aussi mettre en place des sauvegardes du site, pour restaurer une version récentes avec tous les points de fidélité. Là encore, la blockchain n’est pas l’unique réponse à un problème qui s’est déjà posé et dont on connait la solution.
  • L’autre avantage serait que ces points de fidélité pourraient être échangés contre d’autres, pour bénéficier d’autres services. Ceci signifie que vous pourriez utiliser ces points chez un autre commerçant. Par exemple, utiliser vos points Amazon chez Darty ou la Fnac… a priori irréaliste, sauf si toutes ces entreprises font partie d’un groupe ou que des compensations entre les flux peuvent être opérées.  

 

Alors, quel est le rapport avec les Sex Pistol et « la grande arnaque du rock »n’roll » ? et bien, comme Johnny Lydon (ex chanteur des Sex Pistols) le rappelait quelques années plus tard avec sa chanson au sens caché « This (the blockchain) is not a love song » sortie en 1983. Comme quoi, le monde n’a pas changé en mieux, vu l’époque hyper-égocentrique et matérialiste que nous constatons partout, et une tendance à un nouveau genre de soumission au modèle ultra-libéral. 

Après tout, le monde, les « civilisations » (lol), les monuments, ont été construit avec des esclaves, des prisonniers, et en tout cas, des ouvriers qui n’étaient pas syndiqués. De nos jours, on est vite catalogué « gauchiste »,  « communiste » ou « complotiste » que de rêver d’autre chose comme modèle social international qu’un nouveau genre de servitude.  C’est ce qu’avait pourtant dit  Jesus-Christ, ce « sale coco ».  

La blockchain était un moyen de lutter contre ça, ce qui explique les tentatives de réappropriation de cette technologie que ce soit par la loi ou par l’argent.  

Et si vous vouliez vraiment devenir un crypto-milliardaire, sachez que vous avez encore raté une opportunité exceptionnelle:   il y a quelques jours,  https://buyshitcoin.com qui vous proposait – pour le 1er avril et pour moins de 30 euros – de devenir milliardaire… en « shitcoins » ! La cote à quand même dépassé les 0,0000025 USD. 

On espère que son inventeur a pu tirer quelque avantage ou profit de son poisson d’avril, ce qui est toujours possible dans le monde de la blockchain. Allez savoir si, dans quelques années, la page web de ce site et ce domaine ne seront pas vendus aux enchères en tant que NFT et acquise par un collectionneur à des prix irréels. Car c’est aussi ça la Blockchain. 

(courbe, https://coincost.net/en/currency/shitcoin )

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